Vipassana au Népal : une bande-annonce non-officielle

Le 1er février, j’écrivais à mes collègues Mondoblogueuses et Mondoblogueurs : « je suis out quelques jours. Dans 1h, je n’aurai plus accès à Internet jusqu’au 12 février ». Je ne précisais pas que je partais au Dhamma Shringa pour suivre une retraite Vipassana. C’est le 6 février et je suis déjà connecté.

Entre « j’en ai besoin » et « ce n’est pas pour moi » en parlant d’une même chose, il n’y a qu’un pas : l’expérimentation.

Le story-board
En novembre je découvrais le Vipassana en parlant à une Française qui était venue au Népal pour suivre une retraite de 10 jours « où l’on médite et où il est interdit de parler ». Bien que je ne sois pas un adepte de la méditation, j’ai été séduit par ce concept.
Quelques semaines plus tard, je proposais un article sur le Vipassana à un magazine népalais avec lequel j’ai commencé à collaborer. La rédactrice en chef était emballée : « Est-ce que tu pourrais assister au cours pour en faire un reportage dans un format de journal et expliquer comment cela t’as transformé ? » Ouais, je suis tellement gonzo !

Je me suis un peu renseigné sur cette technique. J’ai visité Dhamma Kitti, le centre de Kirtipur, où un bénévole m’a expliqué que le Vipassana permettrait de se « débarrasser des déchets » dans notre esprit – j’ai adoré cette formule. J’ai parcouru rapidement The Art of Living de William Hart.
Le jour de mon inscription au City Office de Kantipath, une dame m’a tendu le règlement en me demandant d’être bien sûr de pouvoir le respecter avant de m’inscrire. À chaque fois que je tournais une de ces quatre feuilles A5, je poussais de grands soupirs – c’est seulement aujourd’hui que je les interprète. C’est enfin en rentrant à la maison ce jour-là que j’ai trouvé intéressant de lire des témoignages. J’en ai lu un très négatif et un plutôt positif. OK, un partout, maintenant à moi de me faire ma propre opinion.

Nepal Vipassana Center - City Office de Kantipath, Katmandou
L’entrée du Nepal Vipassana Center – City Office de Kantipath, Katmandou © S.H

Beaucoup ont pensé que j’étais fou de tenter cette expérience. Il y a eu des moqueries, des surprises et incompréhensions. Alors j’ai pris mes précautions en précisant: « on verra si je tiens les 10 jours ». Pourtant, en écrivant à un ami qui connaît la méditation et qui m’avait récemment donné envie d’explorer cette pratique, j’ai osé affirmer « je sais que je vais pouvoir rester les 10 jours ».

Deux coïncidences me sont apparues comme des signes divins la veille de ma retraite. J’ai découvert par hasard un article sur le site du « New Yorker » à propos de la pleine conscience. Et à la librairie Ekta, je vois que le sujet fait l’objet de la couverture du « Time » pour son édition du 3 février.
À l’aube de mon départ, je me félicite de partir 10 jours à un moment où j’aurais dû être en train de fignoler deux projets. Derrière les félicitations se cache l’éclat soudain de mon inconscience.

Pour son édition du 3 février 2013, le "Time" consacre sa couverture à la révolution de la pleine conscience
Pour son édition du 3 février 2013, le « Time » consacre sa couverture à la pleine conscience (Source)

Silence, on tourne
Quand j’arrive au City Office le samedi 1er février, je dois remplir une nouvelle fois le formulaire que j’ai renseigné le jour de mon inscription. On me propose d’aller déjeuner avant de revenir à 13h « pour une classe ». Au restaurant, une fourmi me chatouille la main. Avant de poser mon doigt sur elle, je pense au premier précepte du Vipassana : s’abstenir de tuer toute créature vivante. Je souffle gentiment sur l’insecte qui atterrit en douceur sur la chaise à côté.

À 13h, nous sommes conduits au sous-sol. Ambiance particulière et une odeur de pieds (on doit enlever nos chaussures) m’incommode. Un bénévole[1] présente ce que nous allons vivre en précisant que ce n’est pas comme un film qu’on va voir après le coup de fil d’un ami, sans connaître l’histoire. Et moi qui n’aime pas lire les synopsis.
Il martèle les règles du Vipassana selon l’enseignement de S.N. Goenka : les garçons et les filles seront séparés ; nous devrons observer le noble silence[2] pendant la retraite ; nous allons avoir que de la nourriture végétarienne « typiquement népalaise » – je m’en lèche les babines – deux fois par jour car il n’y a pas de dîner (en fait, on a du thé et deux fruits à 17h) ; on devra se concentrer sur soi-même et ignorer les autres – on dirait le Nouvel An newar où on se vénère soi-même, ça devrait aller ; nous allons dans une prison où une minute va sembler être une année. « C’est pour ça qu’on vous a demandé plusieurs fois si vous êtes vraiment prêts à vivre cette expérience », conclue-t-il. J’ai un haut-le-cœur. Mais je me rassure : j’ai pu attendre un avion qui avait des heures de retard dans le bouillonnant aéroport de Tana, je n’ai pas cédé à la corruption des policiers népalais.

En sortant de cette causerie, je suis partagé entre scepticisme (vais-je vraiment trouver la paix intérieure ?) , doute (vais-je pouvoir tenir 10 jours ?), et excitation (pour je ne sais quelle raison). Le temps est déjà long à cet instant. Deux bus de 15 places font l’aller-retour pour mener les 140 méditants au centre. Ceux qui attendent sur le parking profitent de ces dernières minutes de liberté : cigarettes, musique, sucreries, smartphones, magazines, chips, carnet et stylo. J’aurais bien pris un verre de Royal Stag, mais il est trop tôt.

L'entrée du centre Dhamma Shringa à côté du parc national Shivapuri Nagarjun
L’entrée du centre Dhamma Shringa à côté du parc national Shivapuri Nagarjun © S.H

Dhamma Shringa se situe à 23km au nord-est de Katmandou – en haut de Budhanilkantha, à l’entrée du parc national Shivapuri Nagarjun. En arrivant, je remets passeport, argent, carnet, stylo et portable. Je rencontre mon compagnon de chambre : Alexander, un Danois qui a une serviette à fleurs. Il a été initié à la méditation en Thaïlande. « Et toi ? », me demande-t-il. « Oh, un peu au collège ». Je ne lui dis pas qu’à la fin de chaque séance, le prof hurlait « Stéphane est très agité hein ! » On n’a pas le temps de parler de Peter Schmeichel et des Raveonettes que la cloche sonne pour nous appeler au Dhamma Hall. Alexander me rappelle que ce sont nos « derniers mots ». Quand je lui demande s’il est prêt, il serre le poing et dit sur un ton déterminé « Yes ! » Il me demande encore « et toi ? » Je crois. Je souffle un grand coup.

Programme quotidien d'une retraite Vipassana dans un centre Dhamma
Programme quotidien d’une retraite Vipassana selon l’enseignement de S.N. Goenka dans un centre Dhamma

Dehors, il y a écrit « Day-0 » sur une ardoise. Très encourageant. On s’installe dans l’immense Dhamma Hall où les filles, à gauche, sont séparées des garçons par une large nef centrale, le long de laquelle sont placées des fleurs en plastique. L’enseignant lance un CD. Les haut-parleurs libèrent la voix caverneuse de feu S.N Goenka entonnant un chant en pali avant de rappeler (une fois de plus) le règlement du Vipassana. La voix demande ensuite de nous concentrer sur la partie limitée entre la lèvre supérieure et le début du nez et d’être attentif au toucher de notre respiration. Moi j’entends le bruit des gens autour : les bâillements, les doigts qui craquent, les raclements de gorge, les éternuements, les mouchages. Il faut croire que les flatulences et les éructations sont tolérées dans le silence noble. Et toujours cette odeur de pieds. J’ai l’air de me moquer ? Mais c’est moi la risée : je suis incapable de me concentrer sur les instructions. En plus mon cerveau est comme une page Wikipédia avec plein de liens hypertextes. Chaque bruit ou odeur me renvoie à un souvenir ou une réflexion. Après quelques minutes, je parviens finalement à me recentrer pour suivre les consignes.
Quand j’ouvre les yeux à la fin de la séance, j’ai la tête qui tourne. Ça doit être ça la paix intérieure – sinon, la suite de mon séjour est logique. De retour dans ma chambre, je me demande quand même ce que je fous là.

Au réveil du jour-1, j’ai la chance d’avoir une douche chaude. J’arrive à l’heure dans le Dhamma Hall pour la première séance de 4h30. Après les deux premières heures de méditation qui se passent bien, j’expérimente le repas en groupe dans le silence noble. Nous avons presque tous les yeux au sol ou dans nos assiettes. L’avantage du Vipassana c’est que personne ne parle la bouche pleine.
La séance de 13h après le déjeuner est assez dure. Je me sens bizarre, pas à ma place. À 15h30, un coussin est vide. Déjà un garçon qui est parti. Après le thé de 17h, j’ai vraiment le cafard. C’est dur.
Le soir à 19h, on nous fait voir une vidéo de Shree Goenka – le Dhamma Discourse. « Le premier jour est terminé, encore neuf jours à travailler ». Ça me glace le sang. Il est ensuite rassurant car il évoque certaines sensations que j’ai éprouvées pendant la journée. Il plaisante et prévient que le deuxième jour sera très agité. Cette projection me redonne du courage.

La douche froide au réveil du day-2 aurait dû m’apparaître comme un signe – le matin à Budhanilkantha, il fait entre 5° et 7° à cette période de l’année. Pourtant, les séances de méditation matinales se passent encore mieux que la veille. Je suis dans un état quasi-euphorique. Après le déjeuner, je fais la sieste sur un banc en béton au soleil. Quand je me réveille, je suis en forme, motivé et content d’avoir trouvé ma place pour mes siestes digestives des huit prochains jours.
Mais dès que j’entre dans le Dhamma Hall à 13h, je me sens mal. Pire que le cafard ressenti la veille un peu plus tard dans la journée.
Si Bill Murray jouait dans ce film, on pourrait le renommer Une heure sans fin. Depuis le soir du jour-0, la voix du Shree Goenka donne les mêmes instructions au début de chaque séance de méditation. C’est infernal. Je suis au bord de la crise de nerfs. La douleur est physique. Ma femme me manque terriblement.
Il faut que je tienne. Après le thé, je monte dans ma chambre et je serre les dents. J’essaie de me détendre à la séance de 18h en attendant impatiemment la vidéo du soir qui, j’espère, me remotivera comme la veille. Ce n’est pas le cas. Je trouve Shree Goenka moins convaincant, trop long. J’ai mal partout – être en tailleur pendant 10h30 dans une journée, ça laisse forcément des séquelles. « Une fois arrivé là, je me suis dit que je pourrai » continuer jusqu’à demain. J’espère pouvoir répéter ce raisonnement gumpien à la fin de chaque marathon de méditation.

Clap de fin
Après la douche tiède du day-3, je constate que deux coussins ont été enlevés du Dhamma Hall. « On a perdu encore deux hommes », me dis-je. J’ai la tête pleine et je n’arrive pas à suivre les instructions de Goenka. J’attends l’heure du petit-déjeuner – la nourriture est excellente ici. Je subis sans grande difficulté et je pense qu’à ce rythme-là, je peux tenir jusqu’au bout. Mais les sessions de méditation ne m’apportent rien malgré toute ma bonne volonté. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de rester ?
Après ma sieste sur le banc en béton, je vais voir le professeur pour lui parler de mon cheminement jusqu’à ce jour-3. Il a l’air d’être satisfait de savoir que j’ai souffert la veille. Je lui avoue que j’ai voulu partir. Il chuchote « non ! » en agitant les mains devant mon visage. Quand il me parle, je suis distrait par des bruits à côté. Il fait mine de me donner une tape amicale et me dit en riant « mais ton esprit est trop vif. Écoute-moi et arrête de regarder autour ! » Je prends attentivement tous ses conseils que je sens pleins de bienveillance. Même s’il me redonne du courage, je lui dis franchement « je reste, mais si ça devient aussi difficile qu’hier après-midi, je partirai ».

L’après-midi, je suis définitivement hors-champ. J’ai une migraine dès que j’essaie de méditer. Ça devient insupportable. J’attends que le temps passe. J’estime le nombre de garçons dans le hall en comptant les rangées de coussins et je m’aperçois que j’ai des soucis avec ma table de neuf. Je me demande vraiment à quoi nous servons, assis là à méditer. Peut-être serions-nous plus utiles dehors, à bouger et réfléchir à des choses concrètes ? Je suis perdu dans les doutes.
Je sens que celui assis devant moi a autant de mal. Il bouge beaucoup, regarde partout. Il a les yeux grand ouverts d’étonnement en fixant ses voisins concentrés et imperturbables. J’ai envie de lui donner une tape sur l’épaule pour l’encourager. Je veux surtout jouer au Ulysse d’O’Brother en embarquant un complice dans mon « évasion ». Mais j’assumerai seul ma faiblesse.
À la pause de 15h30, je m’approche d’un bénévole sans vraiment savoir ce que je vais lui dire. « Je voudrais partir » sort de ma bouche. Il m’invite à reparler à l’enseignant. Celui-ci me reçoit dans un petit studio à l’arrière du hall, dans une zone où les « étudiants sont interdits », précise une plaque. Il a un grand sourire. Il me dit qu’il ne pourrait pas me forcer à rester même s’il estime que je « travaille bien » parce qu’il comprend que c’est difficile de laisser la famille à la maison. L’enseignant est clairvoyant.
Je prends mon sac et prends un microbus pour rentrer jusqu’à Katmandou.

Postproduction
Plus de 24h après mon départ du centre, je continue de réorganiser l’ensemble des souvenirs visuels et sonores dans ma tête. Ça me semble tellement irréel – presque traumatisant – ce que je viens de vivre. Je ne suis pas dégoûté pour autant. Je ne ressors pas « transformé », mais j’ai quand même appris des choses. J’ai repris la lecture de The Art of Living en pensant qu’une pratique plus souple de la méditation ne pourrait pas me faire de mal.

C’est vrai que le Vipassana selon S.N Goenka pourrait être comparé à une prison. Mais j’avais choisi d’y aller et j’ai pu en sortir quand je l’ai décidé.
N’ayant pas été jusqu’au bout de la retraite, je ne pourrais la recommander. Je ne le déconseillerai pas non plus car je ne doute pas de son efficacité. Sur 73 garçons présents (dont 20 sont des étrangers) à cette retraite, une trentaine étaient d’« anciens étudiants ». La preuve que cela marche vraiment pour certains.

La raison de mon échec ? J’ai pris le Vipassana à la légère. Je n’ai jamais vraiment été initié à la méditation – un enfant ne pourrait pas basculer subitement de Tex Avery à David Lynch. Je me suis surestimé. Ça devait faire remonter les mauvaises choses avant de faire sortir le meilleur de moi. Ça a surtout fait remonter mon incapacité à passer des moments difficiles sans le soutien de ma femme – mais je vous épargnerai un film à l’eau de rose.
Du coup, je n’ai pas mon article. N’est pas Hunter S. Thompson qui veut.

Ce n’est pas parce que je vis au Népal depuis quatre mois, que j’adore le dal bhat et que j’ai été émerveillé en visitant trois monastères bouddhistes et le stupa de Swayambhunath que je vais devenir le Little Buddha. Il y a encore du chemin à faire.

Pas de spoiler, donc, pour le Vipassana. Mais de toute façon, même si j’avais raconté la fin, comme pour tous bons films chacun pourrait avoir sa propre interprétation.


[1] Toutes les personnes œuvrant dans les centres Vipassana sont des bénévoles, anciens étudiants qui ont bénéficié des bienfaits de cette technique.
[2] Le règlement du Vipassana précise que « le Noble silence signifie le silence du corps, de la parole et de l’esprit. Toute forme de communication avec les autres étudiants par gestes, signes, messages écrits est prohibée ».

28 réflexions au sujet de « Vipassana au Népal : une bande-annonce non-officielle »

    1. Bonjour Lilas. De rien. Merci à vous d’être passée par ici et d’y laisser un commentaire.
      Je me rends compte que je n’étais pas prêt à me retrouver avec moi-même. Je pense que c’est le plus gros choc auquel il faut se préparer.
      Bon courage dans votre réflexion et tenez-moi au courant de votre parcours si vous allez à une retraite Vipassana.

  1. comment dis-tu n’avoir rien ramené, et ce texte merveilleux alors?
    un de tes plus beaux billets que j’ai lu dans le bus alors que partais vers une region tout aussi réculée pour travailler pendant 20 jours.
    Franchement ton histoire l/á c’est plus que l’armée… pauvre Stephane lol

    1. Merci pour ton commentaire Serge.
      En fait, c’est au jour-3 que je me suis rendu que la méditation ne m’apportait rien sur le moment. Mais comme je l’écris dans ma conclusion, j’ai appris beaucoup de choses. J’espère que ce n’est pas aussi dur pour toi dans ta région reculée !

  2. Steph excellent ….

    How great is that…and i know the feeling of how hard it can be to sit and meditate one whole day…and spend several days in such an amazing atmosphere…there are the goods and the bad…its a real mental work….i had the chance to go on a journey at Lerab ling (www.lerabling.org) in 2010. although it was an amazing experience i have to admit that some situations was a real work on my patience and tolerance.

    Je ne savais pas que tu etais au Nepal ! top ! big bisous

    Gilliane

    1. Hey Gilliane ! Content de lire ton commentaire.
      Les « bad », je les ai ressentis sur le moment. Les « good », je m’en aperçois après. Au final, je retire plus de positif malgré la rudesse de l’expérience. C’est pour ça que j’ai envie de poursuivre avec une pratique cool, plus appropriée à mes capacités.
      Et oui, au Népal pour encore quelques mois.
      Bises

  3. En tout cas, cette expérience t’aura inspiré! Mais cela confirme mes doutes et mes craintes au sujet de ce genre de retraite…

    Cela m’a aussi rappelé une citation des Pensées de Pascal:

    « Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme, l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. »

    Néanmoins, je me demande si le fait de jeûner en même temps ne pourrait pas faciliter la méditation… De toute façon, je pense qu’il faut y aller progressivement et suivre une certaine forme de préparation.

    1. Le but c’est justement de faire sortir la noirceur avant que jaillisse la paix intérieure. En tout cas c’est qu’avait dit le bénévole lors de l’introduction au City Office. Il pris comme métaphore un puits qui n’a pas été utilisé depuis longtemps : il faut enlever toute l’eau sale avant de pouvoir profiter de l’eau claire.
      Pour le jeûne, peut-être ? C’est vrai que dans la vidéo diffusée le jour-1, Shree Goenka recommandait de ne pas trop manger pour mieux méditer. Et on ne dîne, mais on a un goûter très léger. Mais honnêtement, j’ai tellement bien mangé là-bas (je sais que ce n’était pas le but de l’expérience, désolé) que si les repas sont enlevés, je ne pourrais jamais envisager une deuxième tentative !
      Finalement, oui, je suis allé dans quelque chose de bien trop rigide alors que je n’avais jamais été initié à la pratique de la méditation. Mais j’ai appris qu’un moine bouddhiste avait constaté que les néophytes pouvaient avoir une meilleure approche de l’apprentissage dans ce genre de retraite. Je manque probablement de détermination.

  4. La méditation a eu raison de toi!!! J’ai pris conscience en lisant ton article que l’on peut effectivement sentir le « toucher de la respiration » entre la lèvre et le nez: constructif! Sans blague, je m’étais toujours dit que j’aimerais tenter les retraites silencieuses dans les couvents ou monastères mais ton expérience me fait douter: je me surestime certainement aussi (je suis tellement bavarde à la base!). Et la version « jeûne » est en revanche totalement impensable!!! Merci pour ce bel article.

    1. Hey ! Merci à toi pour ton commentaire Marine. Content que ce récit puisse apporter des pistes à ceux qui doutent encore. Je pense que tu sentiras quand tu seras prête à y aller. Avec le recul, je reconnais que je ne l’étais. Je suis allé avec fougue et un peu pour me défier. Nul…
      Depuis mon retour, il m’arrive parfois de faire attention à ce « toucher » pour me concentrer ou me relaxer. Ça marche, même dans les embouteillages de Katmandou !

  5. Namasté!
    J’ai trouvé ton expérience intéressante parce que justement elle t’a posé des problèmes.Bel article! Et puis pour quelqu’un qui a fait des études de com., se lancer dans la « nocom » c’était osé! Chapeau!

  6. Balancer des pralines a Schmeichel et ne pas exploser de joie quand tu lui met un pion, voilà une bonne façon de méditer.
    Je ne pense pas (comme lu dans un com) que cette expérience est un échec quand on voit le très bel article qui en découle.
    Et puis rien que pour la bouffe, ça valait le coup!

    A+
    Stéfan

    1. Merci Stéfan. Ah, je vois que tu as de bons souvenirs des grandes années de Schmeichel. D’ailleurs, je ne t’ai pas oublié : peut-être que bientôt je raconterai un match de foot qui se sera déroulé au stade Dasarath Rangasala.

  7. Très beau billet…
    C’est étrange comment je me retrouve dans ce que tu as écrit… Je n’ai pourtant pas vécu la même expérience lors de mon passage au Népal, mais tes sentiments, tes angoisses, ton ressenti, tes interrogations, ton envie d’expérimenter, de découvrir, d’essayer de comprendre… C’est comme si j’avais pu le vivre… Tu m’as complètement transporté dans cette expérience… Je m’y vois et je t’y vois également très bien… Sacré Steph, tu ne t’arrêteras donc jamais… 😉

  8. « de Tex Avery à David Lynch »
    J’adore :))) Tout est dit !
    Sans rentrer sérieusement et non sans difficultés, sur des discussions d’oraisons psychologiques, on peut en sourire en se souhaitant d’un jour pouvoir trouver une « totale liberté d’esprit cosmique vers un nouvel âge réminiscent » :p

  9. Mon Cher Stef,

    Je ne me lasse pas de te lire car chaque billet est unique …je voyage, je découvre différentes cultures ,je vis tes experiences, tes états d’âme je les sens, peutêtre devrais je dire ‘Je les sens au toucher!….

    De retour après 3 jours , même si tu n’es pas allé jusqu’au bout, n’est pas un échec car tu as sû partager ton vécu avec les questionnements , les angoisses, la curiosité qui t’animait, le regard critique que tu portais sur toi , l’humour et aussi le soulagement quand tu as plié bagage, pour retrouver, stylo, calepin, portable et last but not least ta femme…

    Mon petit doigt me dit que tu voudras tenter à nouveau l’expérience ….l’avenir nous le dira..

  10. Je viens de tomber sur votre blog et je voudrais vous féliciter pour cet article. Comme j’ai pu le lire dans d’autres commentaires, j’ai eu les mêmes sensations, les mêmes doutes et questionnement que vous avec la petite différence que j’ai terminée les 10 jours.

    Et tout comme vous, en sortant de là j’avais trouvé l’expérience extrêmement difficile mais intéressante et plus le temps passait plus petit à petit j’ai pu décrypter ce que m’avait apportée cette technique. C’est à dire un chamboulement complet de ma vision des choses et de la vie (il faut dire que je me posais déjà énormément de question, j’étais donc déjà un terrain fertile).

    Tout comme vous c’était la première fois que je faisais de la méditation, pour tout vous dire j’avais demandé aux personnes qui m’avait conseillée cette retraite de m’en dire le moins possible et je ne suis ni allé sur internet pour chercher des infos ni sur youtube… En sortant de là-bas en 2010, tous en étant reconnaissante je m’étais promis de ne jamais y retourner. Cette année j’entamerais mon troisième stage en juin prochain. 🙂

    Encore merci pour cet article et bonne chance à vous sur le chemin que vous choisirez, car l’important n’est pas la technique mais que plutôt que vous ayez fait un premier pas sur cette route.

  11. Bonjour,

    Quel bel article sur votre cours Vipassana, je me reconnais bien dans ce que vous decrivez…j ai vécu 3 jours de migraines, sans compter les douleurs physiques (sciatique..) mais je suis restée, au départ par orgueil…je ne lâcherai pas, je ne lacherai pas….et par fierté aussi, avec la ferme intention de ne jamais revenir…
    En ce moment, je me prépare pour mon prochain cours Vipassana…comme quoi, rien n’est permanent,
    Bonne continuation à vous,
    Anicca …

    1. Merci pour votre partage, Anicca. C’est intéressant que vous parliez d’orgueil parce que le fait d’être parti de la retraite plus tôt que prévu m’a fait prendre conscience de mon orgueil mal placé et assez fragile, finalement. J’ai pensé retenter l’expérience pour une retraite de 3 jours. Mais je crois que je n’irai jamais.

  12. Je m’apprête à faire ce stage dans moins de trois semaines.

    Je sais que ce sera très difficile. Je me suis préparée ; bien sûr, j’ai toujours des craintes . Par l’esprit, je pense vraiment que j’arriverai à les dépasser, ces craintes et ces difficultés.

    1. Bonjour Yaelle. Merci pour votre commentaire. Il faut y aller avec les bonnes intentions – pas comme moi ! Je souhaite sincèrement que vous finissiez la retraite. Après la publication de ce billet, j’ai rencontré plusieurs personnes à qui le Vipassana a fait un bien indescriptible. Alors, profitez-en à fond. N’hésitez pas à donner des nouvelles ici à votre retour. Ça m’intéresse.

  13. Voilà ; je suis de retour ; je viens de terminer le stage de 10 jours ( méditation Vipassana), en Bourgogne.
    Ce fut très dur, c’est vrai ! ( lever très tôt ; silence total obligatoire ; aucune distraction etc … rester assise sans bouger pendant une ou plusieurs heures … bref, se retrouver seule face à soi-même, ce n’est pas évident ; surtout quand on est si active, comme moi !) Vous l’avez d’ailleurs bien montré dans votre beau billet, Stéphane.
    Au début, j’étais inquiète ; je me demandais vraiment ce que je faisais là ; j’ai craint de ne pas pouvoir tenir 10 jours . Je ne voyais pas l’intérêt de la technique que je n’avais pas encore bien assimilée ; je ne l’avais pas comprise. Alors, oui, le doute s’est installé en moi … vais-je rester ou non ? Est-ce que ce stage est bien fait pour moi !
    Puis, j’ai parlé avec l’enseignante qui dirigeait ce stage. Elle m’a rassurée et m’a expliqué certains détails de la technique, détails précieux auxquels je n’avais pas prêté attention. Elle m’a surtout montré l’importance de l’équanimité ; il faut être équanime et conscient, tout le temps de la méditation.
    J’ai continué, « travaillant » avec application, pugnacité et régularité.
    Le sixième jour, pour moi aussi, cela a été très difficile ; je dormais très peu ; en plus, j’avais mal à la tête. Sur les conseils de l’enseignante, je « rectifiais le tir » : au lieu de regarder toutes les parties de mon corps en les suivant des yeux, je ne bougeais plus ces derniers, ce qui a guéri ma migraine.

    Le 7ème jour … Ouf !je me suis sentie très apaisée, très calme ; cette paix était tellement tangible ! Cela m’a étonnée … elle a duré tout le reste du séjour et j’étais en harmonie avec moi-même et avec l’environnement.
    Le 9 ème jour, je l’appréhendais beaucoup ; comment allais-je retrouver le « noble bavardage », si troublant et déboussolant, souvent !
    Et puis ce fut la joie au contraire … les langues peu à peu se sont déliées … je n’étais pas seule à avoir eu des réactions fortes, contrastées , « brûlantes » parfois. Le regard brillant, le sourire au lèvres et dans le coeur, nous avons échangé … ce fut un réel moment de bonheur.

    Bilan : je suis très satisfaite de mon stage ; il a été une réussite pour moi ; au-delà de ce que je pouvais attendre, même ! Et pourtant, que d’appréhensions … que de douleurs aussi !
    En définitive, je rentre convaincue des bienfaits de cette méditation Vipassana ; j’ai testé ; j’ai pratiqué ; un bon arbre se reconnaît à ses bons fruits, dit-on ; alors … ( sourire)
    Ce que j’ai apprécié aussi surtout, c’est que ce stage a répondu aux questions que je me posais , sur l’existence, sur la nature, la vie et le sens à donner à cette dernière.

    En fait, c’est une aventure personnelle. Je continue la méditation et j’ai l’intention de poursuivre ; une heure le matin et une heure le soir, comme on nous l’a conseillé. Je me sens bien ; je suis plus « cool » et plus souriante ; j’ai davantage confiance en moi.
    Je retournerai l’an prochain, si je peux ; cette fois peut-être , comme bénévole ; qui sait !

    Bonne continuation pour votre blog que je découvre, Stéphane ; je vais lire vos autres billets.

    J

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