Andromakers à Katmandou : filles électriques

Le duo électro-pop Andromakers était en live à Katmandou le lundi 13 janvier. Retour sur ce concert organisé par l’Alliance française de Katmandou au Café des Arts de Thamel.

L’intro est parfaite. Avec Autumns & Autumns, on entre tout de suite dans la bulle d’Andromakers. On se laisse bercer par la mélodie du glockenspiel alors que nos têtes bougent au rythme percutant de la grosse caisse. Le son résonne au Café des Arts, petit nid bien protégé du tintamarre de Thamel.

13 janv. 2014 - Lucille Hochet (g) et Nadège Teri d'Andromakers en concert au Café des Arts de Thamel, Katmandou (Crédit : M.B)
Lucille Hochet (à g.) et Nadège Teri d’Andromakers en concert au Café des Arts de Thamel, Katmandou – 13 janv. 2014 © M.B

Quelques heures avant le concert de Katmandou, Lucille Hochet et Nadège Teri avouaient être un peu impressionnées : nouveau continent, nouveau public. Rien ne transparaît sur scène. Elles sont concentrées et généreuses à la fois. Elles le font savoir dès le début : elles n’aiment les espaces vides devant la scène. Le public effarouché est vivement invité à se rapprocher. Regards timidement complices entre les spectateurs et quelques-uns font des petits pas en avant.

On commence alors à se dodeliner nonchalamment sur The Golden Hour. Comme les grands Nino Ferrer (Mirza) et Paul McCartney (Martha My Dear), Andromakers rend brillamment hommage à son quadrupède. Avec tintements et sonorités de Fender Rhodes, Song For My Dog a une progression captivante qui n’est toujours pas sortie de ma tête depuis. Et c’est bien ajusté avant Spider on The Wall qui électrise le concert.
Avant de reprendre une « vieille chanson française », la chanteuse Nadège Teri joue aux devinettes. Elle fait tourner sa boîte à musique et tous les Français (il y en a pas mal ce soir) reconnaissent les notes de La Mer de Charles Trenet. Le duo livre alors une interprétation aquatique qui nous emmène voguer bien plus loin que celle du fou chantant.

https://soundcloud.com/andromakers/la-mer-charles-trenet-premix

À la pause, on se ravitaille à coups de vin masala et on se réchauffe près des flammes disposées dans la cour du restaurant. De nouveaux spectateurs rejoignent la fête. Elle reprend de plus belle avec un agréable aperçu du premier album d’Andromakers qui paraîtra fin 2014.

Andromakers aime « faire bouger les gens » et ça se voit. En chantant, Nadège caresse l’air avec des mouvements gracieux et fixe d’un regard mystérieux la nuit noire au-dessus de nos têtes. Et quand elle pose son micro, elle rejoint Lucille et les deux s’acharnent sur leurs instruments. À partir de cet instant, je sais que le capteur de rêves accroché au tom basse n’a aucune utilité : impossible de faire des cauchemars après un tel numéro de charme.

13 janv. 2014 au Café des Arts de Thamel - Nadège Teri : charme et mystère (Crédit : Ingrid Chiron)
Nadège Teri : grâce et mystère – Café des Arts de Thamel, 13 janv. 2014 © Ingrid Chiron

Au milieu de plusieurs styles musicaux énumérés, Kate Bush est l’unique nom que le duo cite clairement comme référence. En entendant le falsetto de Nadège Teri sur Antique Paradise, c’est assez évident. De même, ce soir on pourrait trouver que B for Beaches a des accents de Manual for Successful Rioting de Birdy Nam Nam.

Après « deux ans à chercher », les musiciennes ont trouvé ce style qui les caractérise. Andromakers, c’est un labyrinthe musical où il fait bon se perdre. Tellement que lorsque j’entends de légers crépitements pendant le concert, je me dis que c’est un effet qui contribue à leur son « brocante ». Mais à voir le manager du duo s’agiter, je comprends que ce n’est pas prévu. Qu’importe, les filles restent pro et le bruit parasite ne dérange personne. Au contraire, le public mou de Katmandou se dégourdit enfin. Nadège Teri s’approche de nous, danse, lève les bras en l’air pour partager ce court instant de frénésie népalaise. Mais il est déjà tard. Andromakers termine avec un impeccable remix de Stupid Sun.

Après Katmandou, Lucille et Nadège se sont envolées pour l’Inde. Avant Trivandrum et Mumbai, elles joueront au India Bike Week Festival de Goa le vendredi 17 janvier. Ce sera certainement plus énervé qu’au Café des Arts.
Mais rien ne pourra impressionner ces deux musiciennes qui ont commencé la musique dans One More Season, un groupe de métal.

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Auteur·e

fanuet

Commentaires

Yane
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Je ne me lasse pas d'écouter les Andromakers. J'adore "La mer" et j'attends avec impatience un" Song for Hamlet" après le " Song for my dog"!

Stéphane Huët
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On est sur le coup pour Song for Hamlet !