Stéphane Huët

Vingt fois trois

21 bâtons
Je suis le roi du ballon
Meilleur que Zlatan
Je ne connais que la gagne
Aux 3 coups de sifflet
J’continue de scorer
La fête se poursuit
Tant que je ne suis pas cuit
Les filles, pas d’mystère
Elles m’appellent le missionnaire

32 printemps
Et toujours aussi charmant
Ce n’est pas une ride
La vie devient plus limpide
J’ai pris quelques grammes
Depuis que j’suis monogame
Le sport, c’est bidon
Je revois mes ambitions
J’exploite ma cervelle
Pour viser le prix Nobel

42 piges
Et j’entretiens mon prestige
Si j’ai des lunettes
C’est pour avoir l’air moins bête
Des petits bobos
Je dois y aller mollo
Calvitie naissante
Je n’ai plus la même descente
Samedi soir, je dors
Sinon lundi je suis mort

53 bougies
Peut-être un peu rabougri
Toujours du panache
Même si parfois je rabâche
Pourquoi parler d’âge ?
Aujourd’hui je suis un sage
Certains parlent de crise
Moi, je suis tout en maîtrise
Dans ma grosse bagnole
Je suis un vrai sex-symbol

64 années
Putain, où elles sont passées ?
Je peux plus mentir
Je commence à les sentir
Mais malgré l’usure
Il faut que je te rassure
Une baisse de cadence
Ne veut pas dire impuissance
L’aiguille des vingt ans
A fait trois tours du cadran


Chez moi à Dhobighat

25 avril 2018. En ce jour de triste troisième anniversaire du séisme de Gorkha, j’ai envie de partager un de mes meilleurs souvenirs du Népal. En espérant que ça n’ait pas trop changé depuis mon départ, j’écris au présent et je ressors une ambiance sonore captée il y a quatre ans. Branchez vos écouteurs, je vous emmène à l’ouest de Patan, chez moi à Dhobighat.

Ni huppée, ni très populaire, ma rue est une belle mosaïque du Népal urbain. Parfaitement située, elle présente beaucoup d’avantages et très peu d’inconvénients. Proche de Kirtipur que l’on peut rejoindre à pied en traversant un pont suspendu au-dessus de la Bagmati, elle est à l’abri de la circulation chaotique de Katmandou, tout en étant rapidement accessible. En plus, même pas besoin d’aller jusqu’à Bhat Bhateni ou Big Mart pour faire ses courses : il y a tout dans ma rue.

On y croise des voitures avec plaques diplomatiques qui zigzaguent pour éviter les vaches sacrées affalées sur la route, des vélos Atlas, des piétons qui se raclent la gorge, des marchands ambulants, des artisans et des chiens qui aboient.

En bas de chez moi, il y a l’épicerie de Krishna qui est à l’image de la rue. Quand je lui demande quelque chose d’inhabituel, il plisse les yeux en réfléchissant longuement. Sans prévenir, il disparaît au fond de sa boutique et revient en demandant « Ça ? »

À côté, Laxma a tous les alcools locaux qu’il faut : le rhum Khukri, le whisky Royal Stag, le gin Ultimate, la vodka Ruslan et le vin Hinwa. Laxma a pour voisin Mankazi et son fils Suresh qui sont mécanos. Pratique pour mettre un peu de pression aux pneus de mon vélo. Le bar juste à côté est toujours animé par quelques hommes plantés autour d’un jeu de ludo.

Les joueurs de ludo © S.H
Les joueurs de ludo © S.H

Baghat, le tailleur, m’a remonté les ourlets de deux pantalons, recousu un short et un sac déchirés. Il utilise une machine à pédale qui fait un bruit que j’aime entendre. Quand il a beaucoup de travail, Baghat se fait aider par Amika. Quand il n’en a pas du tout, il s’assoit dehors et salue tous les passants.

Baghat, mon tailleur, et Amika © S.H
Baghat, mon tailleur, et Amika © S.H

De l’autre côté de la rue, il y a Gandi, mon coiffeur et son chien, Lucky. À voir la grosseur de ses ciseaux qui font un bruit intrigant, je le soupçonne de les avoir récupérés à Baghat. Sur ses murs, au milieu de plusieurs affiches kitschissimes – des fruits dans un panier en plastique ou une Ferrari rouge dans la neige – il y a une photo de l’actrice indienne Priyanka Chopra. Son certificat du « All Nepal National Barber Workers Union » est bien mis en évidence, en haut de toutes les autres affiches – même plus haut que celle de Shiva. Quand Gandi a fini de me couper les cheveux, il crie « OK !? » Je fais alors semblant d’examiner la coupe sous tous les angles et je réponds toujours « thik chha ».

Gandi me coupe les cheveux pour NRs100 (0,74€) © S.H
Une coupe chez Gandi vaut Rs100 népalaises (0,74€) © S.H

Juste après, ça sent le cumin, la coriandre et le curcuma chez Mira, la vendeuse de légumes au sourire radieux. Une fois, pour m’assurer que ce que j’allais bien acheter de la coriandre, j’avais vérifié la traduction népalaise dans un dictionnaire et pointé du doigt la botte en demandant : « dhaniyan ? » Depuis, quand je lui demande un légume en anglais, elle me traduit le nom en népali sur un ton interrogatif. Je réponds toujours oui. Son mari est un prof plus exigeant. Il ne me rend ma monnaie que quand j’arrive à dire le montant en népali avec l’accent impeccable.

La petite gargote sans nom d’à côté fait le meilleur buff choyala du monde. En face, Ram est l’un des nombreux bouchers du coin qui a d’excellentes pièces de buffle.

Ram, un des nombreux bouchers de ma rue © S.H
Ram, un des nombreux bouchers de ma rue © S.H

Quelques pas de plus vers la Ring Road (la route qui fait le tour de Katmandou et Patan) et on trouve une papeterie où j’achète rarement le Kathmandu Post et la pharmacie de Dhobighat qui vend le miraculeux Sancho.

Dans ma rue, il y a la version quincaillerie de la boutique de Krishna. Prem et Hira ont un emplacement minuscule où je peux trouver tout ce que je cherche pour la maison – sauf les lampes éco qui éclairent jaune.

Ram et Hika Karki dans leur petite quincaillerie de Dhobighat, Lalitpur © S.H
Prem et Hika Karki dans leur minuscule quincaillerie de Dhobighat, Patan © S.H

Près du temple Astha Matrika, le tintement des cloches et les chants des dévots préviennent que l’on atteint le dernier endroit calme de Dhobighat avant la bruyante Ring Road.

Au bout de la rue, plusieurs taxis sont stationnés en attendant une course. Certains, comme Rajas qui parle anglais « little, little », dorment ici tous les soirs dans leur voiture pour pouvoir prendre des courses aux aurores.

En contrebas de ce parking improvisé, quelques sportifs jouent au ping-pong sur une table en béton et utilisent des briques comme filet. Le bruit de la balle orange sur les raquettes en bois est camouflé par la circulation bordélique.

Les joueurs de tennis de table près de la Ring Road © S.H
Les joueurs de tennis de table près de la Ring Road © S.H

Ici on est abruti par les klaxons et asphyxié par les fumées noires qui sortent des pots d’échappement. On se fait héler par les receveurs des microbus qui énumèrent machinalement les noms des prochains arrêts avant de taper sur la carrosserie pour signaler au chauffeur – qui ne s’est pas vraiment arrêté – qu’il peut repartir.

Vers 17h30, ma petite rue se réveille. Les marchands ambulants s’installent, les enfants sortent pour jouer et les parents rentrent du travail. Et aux alentours de 19h, le quartier se rendort.


Comment être innovant à Maurice ?

La première Journée mondiale de la créativité et de l’innovation (#WCID) était célébrée le samedi 21 avril 2018. Deux jours plus tôt, j’étais invité au premier Innovators Meetup de Maurice, organisé par Red Dot (aucun rapport avec la journée mondiale). En arrivant à cette rencontre, je me suis demandé, « mais c’est quoi être innovant ? »

Le mot pullule depuis longtemps. « Innovation. » Souvent évoqué dans les médias, il était toujours associé à la technologie. Forcément, quand je l’entendais, j’imaginais des matrices complexes, des robots autonomes et des lignes de codes interminables. Petit à petit, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas (uniquement) d’utilisation des outils numériques. La définition du dictionnaire Larousse pour « innover » est « Introduire quelque chose de nouveau pour remplacer quelque chose d’ancien dans un domaine quelconque ». L’exemple est évocateur : « Innover en art. » Être innovant, c’est être créatif.

via GIPHY

Pourtant, je me suis fait avoir récemment. Quand une amie m’a parlé de son entreprise, Red Dot, qui contribue à la promotion d’une culture d’innovation au sein des entreprises mauriciennes, là encore, j’ai pensé à de grands projets technologiques, des outils numériques pour systématiser les procédures au bureau. Mais Natacha (l’amie, donc) m’a expliqué qu’avec ses deux partenaires, Min et Amal, ils veulent « placer l’humain au centre de l’innovation ». OK, ça a l’air très gentil, mais complètement abstrait. Donc, il n’y a pas de robot ?

Aussi passionnée que passionnante, Natacha a lancé sa petite entreprise pour encourager un « changement positif » à Maurice. Ma plus grande contradiction est de croire en ce genre d’initiatives tout en me disant que le monde est foutu. Alors quand nous en avons parlé, j’étais très enthousiaste. Mais quand je suis retourné à mon quotidien, que j’ai parcouru la presse, je me suis dit : « À quoi bon ? Tout part en couille. »

Il y a quelques semaines, Natacha m’a proposé d’assister au premier Innovators Meetup organisé par Red Dot. Son invitation précisait que ce rendez-vous, dans le format d’une non-conférence, devait réunir un réseau d’innovateurs et des initiateurs de changement (« changemakers« ). J’ai été touché par l’invitation, mais je me suis demandé quelle serait ma valeur dans ce type de rencontre. J’ai accepté. Même si j’étais à deux doigts de décommander le jour J. En grand curieux, je me suis dit qu’il fallait bien voir au moins une fois.

Le jeudi 19 avril, au centre de formation TALENTS à Pierrefonds, le public du Innovators Meetup est très varié : différents âges, différentes ethnies, des expats, autant d’hommes que de femmes. Je reconnais une professeure d’université et des entrepreneurs à succès. C’est Min, la collègue de Natacha, qui ouvre le bal en expliquant le déroulement de la soirée. Assis en rang dans une salle, on se présente en précisant de quoi on « deeply care about » (les échanges se font en anglais). N’ayant rien de très profond à partager, je me sens assez pathétique de « deeply care about Radiohead ». Mais ce n’est pas grave. Une des rares règles ici est « Don’t judge ». Ouf !

Dans une non-conférence, il n’y a ni thème préétabli, ni expert qui déblatère devant un public dissipé. Chacun peut proposer une thématique qui sera discutée si au moins deux autres personnes votent pour elle. Des groupes se forment ensuite pour aborder ces thématiques.

Au Innovators Meetup de ce 19 avril, il y a 10 thématiques : cinq pour une première session de 45 minutes et cinq pour une autre session de la même durée. Parmi les cinq premiers sujets, j’hésite entre “What can Mauritius be the BEST at?” et “How to reduce road accidents?”. J’ai beau être cynique, je n’aime pas la négativité. Depuis presque trois ans que je suis à Maurice, j’y vois tous les jours trop de personnes intelligentes et talentueuses pour rester bloqué sur la rengaine « mon pays va mal ». Va pour essayer de trouver dans quoi Maurice excelle.

Grafitti à Tamarin, île Maurice © S.H

Nous sommes sept autour de la table. Le premier point avancé est le progrès technologique. Mais très vite, on parle de ce qui est réellement la force ce pays : l’humain et la diversité (comme ce soir). De là, découle une autre idée. Comme Maurice est un petit pays, c’est un territoire idéal pour le prototypage de toute sorte de produits ou pour être un laboratoire de nouveaux concepts, à l’instar de l’Estonie. Bien vite, nous arrivons à deux observations évidentes. 1/ Chaque contrainte (comme la petitesse du pays) crée une opportunité. Il nous suffit d’être positivement innovants pour voir notre potentiel. 2/ Les gens, notre diversité, tout ça est bien beau, mais tellement fragile.

Mais ce n’est pas tout d’avoir des idées. Ce soir il faut prendre des engagements. Tous les sept, nous nous engageons à 1/ mettre en avant les aspects positifs de Maurice ; 2/ comprendre ce qui constitue le concept de « lakorite » à Maurice pour le transmettre ; 3/ capitaliser sur nos différentes origines ; 4/ voir les opportunités dans chaque problème ; 5/ organiser des événements qui favorisent des rencontres qui n’auraient autrement pas eu lieu.

Dans la seconde discussion à laquelle je participe, on se demande “How to combat fake news?” Tout un programme. La conversation est intéressante et va au-delà de notre sujet principal, mais on en sort sans réelle idée, si ce n’est qu’il faudrait encourager les débats et dynamiter le système éducatif mauricien.

« J’fais quoi maintenant ? »

J’ai horreur des « inspirational » machin-chose comme les TED Talks. Mais ce soir, même s’il y a quelque chose de très naïf dans les idées et engagements de la première discussion, je me laisse prendre au jeu. Parce que les personnes autour de moi sont aussi cool qu’intelligentes. Parce que je me sens à l’aise. Parce que dans ma situation et avec mon parcours, ce serait stupide de ne pas positiver. Et parce qu’au lieu de se lamenter en énumérant les aberrations des politiciens mauriciens, il faut profiter de ces moments où l’on plante une minuscule graine pour participer à quelque chose de plus grand.

Comme pour les idées, il ne suffit pas d’énoncer des engagements. Il faut les tenir. Et la méthode est trouvée : nous resterons en contact et à chaque fois que l’un de nous met en œuvre un engagement, il le fera savoir aux autres. De quoi se motiver mutuellement. Depuis, un wiki a été créé avec tous les participants de cette première rencontre avec les comptes-rendus des discussions. Et rendez-vous est pris pour la seconde édition.

D’habitude, je fuis les doux rêves de Bisounours. Mais on dirait que l’Innovators Meetup tue mon insolence. Être innovant, ne serait-ce pas aussi accepter de changer ses habitudes ?


Villains : mon premier album téléchargé légalement

En découvrant Era Vulgaris en 2007, je n’avais pas aimé Queens of the Stone Age – trop brut, trop fort, pas assez propre. Un jour de juin 2012, j’ai apprécié le groupe de Josh Homme à sa juste valeur en tombant sur Song for the Deaf sorti en 2002 – pourtant plus brut, plus fort et moins propre. Depuis je vénère QOTSA. En 2017, l’attente de Villains a été une souffrance. Sa découverte, une jouissance.

Les journalistes n’aiment pas le temps qui avance. Quand on s’approche de l’échéance et qu’on n’a encore rien écrit. Pour des raisons professionnelles, je ne voulais pas voir le mois d’août. En tant que mélomane, j’avais hâte d’être à la fin de ce foutu mois. Le 25 août, précisément, pour écouter Villains.

La sortie du septième album de Queens of the Stone Age avait était annoncée dans une vidéo mystérieuse postée sur YouTube. J’étais tombé dessus le jour même de sa publication, grâce aux bons algorithmes de la plateforme vidéo. Le lendemain, QOTSA « affrontait la vérité » dans une deuxième vidéo plutôt drôle pour promouvoir la sortie de Villains. On y apprenait qu’il était produit par Mark Ronson (celui derrière Lily Allen, Amy Winehouse et Uptown Funk) et que Josh Homme aime danser. La vidéo laissait entendre quelques notes de Feet don’t fail me – un avant-goût délicieux, mais insupportable car on ne pouvait le déguster dans son intégralité. J’ai regardé (écouté, en fait) cette vidéo des dizaines de fois, rien que pour entendre les premières notes du titre.

Quelques heures plus tard, The way you used to do était posté. La première écoute m’a déçu – un son trop léché, pas assez brut. Mais après quelques écoutes, je me suis laissé prendre par son swing et la batterie qui s’emballe à la fin. Durant les six semaines suivantes, QOTSA a posté cinq autres teasers où l’on apercevait des sessions d’enregistrement.

Le diable est dans les détails

Alors que je commençais à gigoter comme un enfant attendant noël, The evil has landed a été posté le 10 août. Le morceau est excellent jusqu’au pont qui marque une rupture inattendue avec le refrain et les couplets. L’ombre de Them Crooked Vultures – supergroupe de Josh Homme avec Dave Grohl et John Paul Jones – plane sur ce deuxième titre. Et ça a donné un sacré avant-goût pour le reste de l’album.

Le vendredi 25 août est enfin arrivé. Depuis minuit, j’avais fait de la place dans mon esprit pour accueillir pleinement Villains. D’ordinaire frileux pour les achats en ligne, j’ai fait chauffer ma pauvre carte de crédit pour l’occasion. C’est la première fois que j’achète la version numérique d’un album. Avant ça, je n’avais acheté qu’une musique en ligne : Lady in red qui allait figurer sur une compilation destinée à une fille – la même qui continue de recevoir mes compilations aujourd’hui.

Villains s’ouvre avec le tant attendu Feet don’t fail me. Son intro est comme une incantation chamanique appelant à s’abandonner pleinement dans la chanson. Même si, là aussi, le son manque d’épaisseur, le riff de guitare est d’une grande efficacité. Les chœurs, le solo de guitare et les mélodies du synthétiseur rappellent le Post Pop Depression d’Iggy Pop – produit par Josh Homme, d’ailleurs. Cette ouverture est une déclaration d’amour à la bonne musique qui fait bouger. L’autre intro hypnotisante de l’album est sur Domesticated Animals. Elle est comme un tourbillon qui nous happe dans ce titre à la mélodie répétitive, avec des incursions subtiles de gimmicks habiles. Cette fois, le pont procure une jouissance extrême avec cette envolée dans laquelle Josh Homme divulgue où l’or est caché. C’est incontestablement le morceau le plus réussi de l’album.

Sexy Homme

The way you used to do et The evil has landed, dévoilés avant la sortie de l’album, laissaient présager que Villains serait rock & roll. Head like a haunted house confirme cette tendance. Josh Homme y apparaît comme un fabuleux crooneur avec un texte sensuel : « Circumstances in my pants / Is calling for action ». La classe.

Après avoir aperçu un violoncelle dans un teaser de Villains, j’ai été assez déçu par la rareté des cordes sur l’album. Elles n’apparaissent qu’à la fin de Domesticated Animals et d’Un-reborn again où l’on retrouve même quelques notes de saxophone – 105 savoureuses secondes. Autre regret : le son agréablement lourd de Michael Shuman, révélé sur… Like Clockwork, est remplacé par des lignes de basse plus aseptisées. Sur leur septième album, QOTSA expose leur potentiel pop avec des titres sur lesquels on aurait envie de se déhancher lascivement lors d’une soirée intime. Hideaway a des airs de synthpop. Fortress, dont le riff de fin rappelle My My, Hey Hey de Neil Young est une plaisante ballade avec des paroles gentillettes.

Dans mes rêves, Villains se terminait en apothéose avec quelque chose d’animal qui me ferait sauter (de joie) dans tous les sens. Villains of circumstance n’a rien de dansant. Même si son évolution crescendo peut faire penser à la fin de… Like Clockwork, il est étonnant de retrouver ce titre qui a des influences synthpop encore plus marquées à cet endroit précis. Pourtant la dernière chanson de Villains m’a profondément bouleversé. La musique a ce pouvoir de procurer toutes sortes d’émotions inexplicables.

Villains flirte avec le mainstream

On est très loin de Song for the deaf. Venant de Queens of the Stone Ages, Villains est assez surprenant – il est moins rock et plus poli. C’est, néanmoins un album résolument rock & roll avec quelques touches eighties qui font penser autant à David Bowie qu’à Duran Duran. Ce septième album est, en fait, la continuité pop de… Like Clockwork qui avait déjà introduit les synthétiseurs, les claps et la douze-cordes électrique de Troy Van Leeuwen. Avec tout ça, Villains sera probablement à QOTSA ce que Californication a été aux Red Hot Chili Peppers – un bon album que les puristes pédants dédaigneront, mais qui permettra au groupe d’étendre son aura.

Et maintenant que le 25 août est passé, je vais reprendre le travail en espérant que septembre n’arrive jamais.

Photo à la Une : © b0neface